Alpinisme à Maurice

Il n'existe qu'un seul livre complet sur l'alpinisme mauricien : Mountains of Mauritius, a climber's guide (Les Montagnes de Maurice : Guide pour alpiniste). Cet excellent ouvrage publié en 1980 n'a pas été traduit en français. L'auteur, Robert V.R. Marsh, a fait l'ascension de toutes les montagnes de l'île Maurice et ses conseils sont particulièrement précieux pour les escalades difficiles au sujet desquelles il n'omet aucun détail. Ainsi celles du Pieter Both, de la montagne du Rempart, du piton du Milieu, des Trois-Mamelles, du Corps-de-Garde, du Morne-Brabant, de la Tourelle-de-Tamarin et du Pinnacle-de-Saint-Pierre (St Peter's Pinnacle).
Citons encore quelques montagnes familières que le touriste situera au cours de ses randonnées : le Pouce, la Montagne-des-Signaux, le piton de la Savane, la montagne du Lion, la montagne de Bambou, le piton du Fouge.
Le Pieter Both : pour ceux qui n'ont pas le vertige
Quelques détails sur la plus célèbre de nos montagnes, le Pieter Both; ils intéresseront le lecteur comme l'excursionniste. On lui a donné le nom du gouverneur des Indes néerlandaises qui, avec ses trois navires, fit naufrage sur la côte ouest de l'île Mauritius en 1615. C'est la deuxième plus haute montagne de l'île dont l'ascension fut réalisée pour la première fois en 1790 par Claude Peuthe qui, pour escalader l'énorme bloc de rocher posé en équilibre sur le pic, eut recours à un moyen original : il se servit d'un arc pour lancer au-dessus du rocher une flèche au bout de laquelle était attachée une corde qu'il assujettit solidement de l'autre côté ! Pieds arcboutés contre les parois, surplombant un vide effrayant, il se hissa à la force des bras sur le sommet. Grande première de l'alpinisme mauricien...
De solides crampons de fer, fixés dans le rocher, permettent à ceux qui n'ont pas le vertige, de se hisser au sommet pour admirer le splendide panorama. Il est fortement recommandé de s'encorder pour cette dernière étape au-dessous de laquelle se trouve une plaque à la mémoire de plusieurs personnes qui, quelques années plus tôt, furent foudroyées à cet endroit au cours d'un orage. Il est évident que l'on choisira un jour clair, sans pluie — et sans orage — pour faire cette ascension.