La population de l'île Maurice

L'île Maurice est quand même surpeuplée avec une moyenne de 639 habitants par kilomètre carré, la troisième densité mondiale après Hong Kong et le Bangla Desh. Les perspectives d'émigration sont extrêmement limitées après la grande vague des années 1970 vers l'Australie principalement. Entre les deux guerres mondiales et dans les années 1950, beaucoup de Mauriciens avaient émigré en Afrique du Sud où se trouve aujourd'hui une colonie importante, ayant conservé à des degrés très divers ses coutumes et sa langue.
Plus des deux tiers, soit environ 800 000 habitants sont d'origine asiatique. L'arrivée massive des immigrés de la grande péninsule commença après l'abolition de l'esclavage en 1835 et se poursuivit jusqu'au début du siècle. Appelés pour remplacer la main-d'œuvre servile dans les cultures, les Indiens devenus Indo-Mauriciens, tout en constituant toujours la vaste majorité des laboureurs, se sont orientés rapidement vers d'autres activités et plus particulièrement dans le commerce et les professions libérales au cours d'une évolution qui s'accentua après la dernière guerre.
Assimilés uniquement aux Indo-Mauriciens, les musulmans réclamèrent un statut politico-confessionnel séparé qu'ils obtinrent avant l'indépendance. Ils sont environ 200 000. Les Chinois sont arrivés plus tardivement en 1860 (une première tentative pour en faire des laboureurs avait échoué). On compte à peu près 35000 Sine-Mauriciens qui contrôlent la plus grande partie du commerce de détail avec leurs boutiques éparpillées dans tous les coins de l'île tandis qu'une rapide évolution, au cours du dernier quart du siècle, leur a donné des postes importants dans le secteur public et privé. Ils sont nombreux à exercer des professions libérales.

L'égalité dans la différence

Le terme « population générale » englobe les descendants d'Africains, de Malgaches et d'Européens. En tout quelque 260000 personnes avec une très forte majorité de « créoles » comme on appelle ici les purs descendants d'Africains et de Malgaches. Le séparatisme colonial anglo-saxon s'est donc largement atténué au profit d'une fraternisation des élites de toutes les communautés d'une société qui s'élargit par la base, sans renier entièrement le principe « d'égalité dans la différence ». Le brassage ethnique est beaucoup plus marqué à l'île de La Réunion.
De quelles provinces vinrent les colons français ? Ouvriers, marins, soldats, paysans et fonctionnaires... On retrouvait aussi les fils de nombreuses familles nobles. C'est sans doute la Bretagne qui fournit le plus fort contingent, ensuite la Normandie, Bordeaux et les provinces du Sud.
Très peu de familles portent des noms anglais malgré plus d'un siècle et demi de colonisation britannique : il n'y eut guère de tentative de peuplement, mais une occupation avec fonctionnaires et militaires. Quelques Anglais ayant longtemps vécu à Maurice furent pitto-resquement appelés par le bon peuple : « Anglais di pèye » (Anglais du pays). 300 000 Mauriciens sont de religion chrétienne où les catholiques romains dominent très largement.

STATISTIQUES HISTORIQUES DE LA POPULATION MAURICIENNE
(chiffres arrondis)

1767 : 18000 dont 3000 Blancs.

1807 (Trois ans avant la conquête anglaise) : 6489 Blancs, 909 Noirs libres et 63 067 esclaves.

1835 (abolition de l'esclavage) : 69672 esclaves avaient été recensés.

1846 population générale 102 217

1881 : population générale 107 323

1901 : population générale : 112000

1981 (soit 100 ans plus lard) : 950000

2011 : 1 200 000


La population urbaine représente 44 % de la population totale. Port-Louis est le centre de l'activité commerciale et administrative, les autres agglomérations (Beau-Bassin, Rose-Hill, Quatre-Bornes, Vacoas-Phoenix, Curepipe) sont principalement résidentielles.
Toutefois, l'un des grands sujets d'étonnement pour les étrangers qui visitent Maurice, c'est cette société multiraciale qui s'y est établie et dont les éléments, séparés par des coutumes, par des croyances et parfois même par des langages divers, trouvent le moyen de cohabiter pacifiquement et d'entretenir les uns avec les autres des relations courtoises.